Les chasseurs.
La série « The Hunters, Lost in Time » parle de la chasse à courre, dont la tenue, l’étiquette et les règles reposent sur des traditions vieilles de plusieurs siècles.
Pendant deux saisons de chasse, j’ai suivi un équipage dans le centre de la France.
Cette série, composée de scènes prises sur le vif entre 2016 et 2018, nous fait remonter le temps.
Les cavaliers, la meute et les paysages semblent inchangés, familiers des gravures du XIXe siècle.
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En France, la tradition est bien vivante, avec 400 équipages, 10 000 membres et 100 000 suiveurs.
À une époque où la mise à mort des animaux est devenue un sujet tabou, la chasse est de moins en moins tolérée socialement.
Bien que ce type de chasse tue cinquante fois moins que le tir et que l’animal échappe à la meute plus d’une fois sur deux, la chasse à courre attire l’attention des groupes militants et des médias.
Peut-être parce qu’en France, comme ailleurs, la chasse à courre est largement perçue comme une pratique aristocratique et anachronique.
Autrefois passe-temps favori de la famille royale, elle a été abolie par la Révolution en 1789. Aujourd’hui, la pratique est encadrée par les institutions publiques au nom du développement durable et rassemble des personnes de milieux sociaux variés.
Cette évolution reste pourtant peu visible, dissimulée par le caractère extrêmement ritualisé des chasses à courre.
La tenue complète des équipages, les codes de sociabilité marqués par une grande courtoisie et un langage particulier, composé de termes ancestraux incompréhensibles pour les non-initiés, rendent cette activité très visible.